Ainsi vit-on à Brengues

Description courte

Avec son petit musée dédié à l'histoire de Brengues, Alain Beauville peut écrire à lui tout seul de nombreux passages du Grand livre du Célé.

Description longue
Brengues

Alain Beauville

Ainsi vit-on à Brengues

Pousser la porte de la grange d'Alain Beauville, c'est parcourir l'histoire de Brengues depuis plus d'un siècle. Dans ce qui tenait lieu autrefois de porcherie, un petit musée a pris place, dans lequel le maître des lieux a peu à peu rassemblé les traces et les témoignages de ce qui a fait la vie d'un village.
Une collection de photos de classe depuis 1914, une liste électorale de 1889 listant les nombreux métiers d'autrefois, des coupures de presse, des documents divers et variés et de nombreuses photographies relatent le quotidien de la commune, mêlé à l'histoire familiale d'Alain, dont les parents avaient cette ferme.
Une myriade d'objets rappellent les usages d'un autre temps : vantoir à blé, brûleur à café, « moine » pour réchauffer le lit... Beaucoup racontent l'économie vivrière locale et ses savoir-faire : la transformation du canard, du cochon, la fabrication du pain, l'art de la vigne, les foins, le maïs... Sans oublier la culture du tabac, qui fut primordiale dans la vallée. Et l'indispensable alambic pour la production d'eau de vie. Jusqu'à LA fabrication made in Brengues, une cloche à brebis, dont le concepteur Roger Masbou en explique le procédé dans un fascicule ; des cloches façonnées par le forgeron du village, pourvues d'un os de gigot pour les faire tinter.

C'est au tournant de ce siècle, dans les années 2000, qu'en vidant sa grange Alain s'est demandé ce qu'il allait faire de tous ces objets : les garder ou les jeter ? Il a choisi de les mettre en valeur pour les montrer, et partager cette vie rurale à laquelle il est toujours resté attaché sans vraiment y prêter attention : « quand on est jeune, on n'écoute pas assez les anciens ». D'autres objets lui ont ensuite été donnés par des habitants, et sa mère, secrétaire de mairie «qui avait tendance à tout garder », a contribué à la collecte.
Dehors, le four à pain, puis la cave bardée de souvenirs de vendanges complètent cet écomusée miniature, animé du sens de l'hospitalité et de l'humour de son guide, indissociable des lieux. Dernier à être né à Brengues avant que n'ouvre la maternité de Figeac, Alain peut lui-même témoigner de certains épisodes : l'école où chaque élève venait à pied en apportant une bûche pour le poêle, le pâturage des brebis sur le Causse...
Si le Célé a été pour lui un terrain de jeu, il fait bien sûr aussi partie de l'histoire : sa grand-mère et sa mère y lavaient le linge, son grand-père y pêchait à la main ses commandes de poisson pour les gens du Causse. Et on peut voir en images dans le musée d'Alain quelques crues mémorables de la rivière.

C'est un peu le Grand livre de Brengues, qui révèle la richesse ordinaire de la vallée du Célé : « quand on vit là où on est né, on trouve tout banal. A force que des marcheurs de passage me disent que je vis dans un coin magnifique, j'ai fini par les croire ».

Catégorie
  • Histoire
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S'agit-il d'un point qui possède une adresse (géolocalisé sur une carte) oui
Adresse brengues
Sources Alain Beauville, propos recueillis par Christophe Pélaprat