Quel Célé en 2050 ?
Ce n'est pas une surprise : le Célé est déjà confronté aux effets du changement climatique, qui vont s’accentuer dans les décennies à venir.
Etude prospective sur la ressource en eau menée par le Syndicat Mixte Bassin du Lot (EPTB-Lot), Lot 2050 pose le diagnostic d'un bassin-versant amené à changer, depuis la Lozère jusqu'au Lot-et-Garonne, en passant par la vallée du Célé.
En effet, de récentes études (Explore 2070, Imagine 2030…) s’accordent sur les conséquences météorologiques et hydrologiques du dérèglement du climat sur le bassin-versant Adour-Garonne. Elles montrent notamment une hausse des températures de 0,5°C à 3°C et une baisse annuelle des débits entre 20% et 40% pour les principaux cours d’eau à l’horizon 2050. Des modifications de la distribution des précipitations et de la couverture neigeuse seront à prévoir ainsi qu’une altération de la qualité des eaux et des milieux associés. Les phénomènes extrêmes (crues et étiages) seront également plus fréquents et plus intenses.
Les grandes lignes du diagnostic Lot 2050 précisent ces impacts à l'échelle du bassin du Lot : moins d'eau, des pluies plus importantes en hiver et plus faibles l'été, l'incertitude des demi-saisons, une évapotranspiration du sol et de la végétation plus importante...
Lot 2050 permet d'affiner ces projections pour chaque affluent du Lot. Comparativement à une moyenne observée sur l'ensemble du bassin-versant du Lot, et par rapport à une période de référence (1976-2005), l'étude montre à quelles vulnérabilités chaque rivière est plus particulièrement exposée, et quels changements vont être les plus importants pour chaque territoire.
Le bassin du Célé se voit ainsi confronté à l'ensemble des facteurs aggravants du changement climatique : hausse de la durée des vagues de chaleur, diminution des débits d'étiage et des débits moyens minimums, et augmentation de la variabilité saisonnière des précipitations. Parmi les prévisions : jusqu'à 5-6 jours de sécheresse en plus, une augmentation de 12 % de l'évapotranspiration potentielle, ou encore une diminution des débits moyens minimums de 38,5 %.
La biodiversité et les milieux aquatiques sont l'un des enjeux forts de cette vulnérabilité pour le bassin-versant du Célé, avec notamment la présence d'espaces remarquables dans la traversée des Causses du Quercy. En amont de Figeac, l'attention devra plutôt être portée sur l'occupation du sol.
Des facteurs aggravants non-climatiques devront aussi être pris en compte, comme le rendement des réseaux d'eau potable ou l'état des masses d'eau superficielles.
En mobilisant l’ensemble des acteurs de l’eau, des gestionnaires aux usagers, cet outil de prospective devra aboutir à des solutions partagées qui permettront de concilier le développement socio-économique des territoires et la préservation des milieux aquatiques. Il aura pour vocation à alimenter les démarches de planification et d’aménagement et à redéfinir le cadre d’une gestion équilibrée de la ressource en eau, partagé entre l'atténuation (sauvegarde et partage de l'eau) et l'adaptation (feuille de route des usages).
En savoir plus sur le site du Syndicat Mixte Bassin du Lot :
www.valleedulot.com/fr/bassin-versant-lot/changement-climatique/projections-hydroclimatiques.php
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